atelier Utop/Dystop(IA)

Samedi dernier, dans le cadre d’un cycle sur l’intelligence artificielle organisé par stereolux, avait lieu durant toute la journée un atelier de design fiction, mené par un studio nantais : Design Friction.

Design fiction, kesako ?

A l’instar de la futurologie, qui se rapproche des sciences divinatoires et de la science fiction ; De la prospective, qui cherche à déterminer un futur “global” à l’aide d’outil scientifique ; le design fiction lui, utilise la notion de futur pour mieux réfléchir et agir dans le présent.

Pour reprendre la définition qui nous a été donné durant l’atelier : Le design fiction est la volonté d’inspirer de nouveaux imaginaires liés au futur d’une manière non-prédictive (“le futur sera ainsi”) d’une manière non-prescriptive (“le futur doit être ainsi”) mais cherche au contraire à ouvrir des perspectives et les débattre pour questionner les directions que nous prenons aujourd’hui

Imaginer le futur certes, mais comment ? Eh bien par le design. On se place dans le futur, et on imagine un objet ou un service du quotidien, avec son lot d’imperfections. La matérialisation d’un futur potentiel permet ainsi de nouveaux questionnements.

“Le provotype : construire des objets de projection et réflexion”

Un cas concret de design fiction

Le studio nous a présenté un cas concret de projet auquel ils ont participé. Je le retranscrit ici avec mes mots, pour en savoir plus, c’est par ici !

Des politiques ont voulu connaître l’impact d’un “potentiel” projet de lois concernant les personnes âgées. Dans le cadre de la méthode du design fiction, des groupes de travail de personnes âgées ont été réunis, pour se projeter dans un futur proche où ce projet aurait été adopté et mis en place. Un retour de leur part était récurrent : l’euthanasie n’était pas abordé dans ce projet. Cette fois ci, afin d’amener les politiques à réfléchir, un objet de design fiction a été conçu. Un bracelet d’euthanasie permettant de se donner la mort au moment souhaité dans un cadre légal et dans un processus encadré (aval du médecin, consentement de la famille, …). Cette objet fictif mais bien réel, a permit de rendre tangible un certain futur, et ainsi amené les politiques à avoir perspective différente dans le cadre de leurs réflexions.

L’atelier en lui même

L’atelier s’inscrit dans une dynamique plus global. A ce titre, les intervenants ont tout d’abord préparé le terrain en allant interviewer des pointures de l’intelligence artificielle. Ils ont pu ainsi dégager et nous présenter les grands principes autour de l’IA et surtout faire tomber quelques mythes.

Après un petit échauffement créatif, on nous a présenté les 3 thématiques :

  • De intelligence artificielle à intelligence émotionnelle
  • Intelligence artificielle trop humaine
  • Les nouvelles mythes

On s’est alors séparé en 3 groupe de travail. Chaque thématique possédait des fiches faisant penser à un jeu, pour nous aider à construire notre futur autour de la thématique. Notamment un ensemble de signaux faibles, c’est à dire des événements isolés qui peuvent être les prémisses d’un futur potentiel.

Chaque groupe s’est alors lancé dans une phase d’idéation autour de la thématique. Les intervenants étaient là pour nous guider, notamment en nous précisant qu’ils étaient important de choisir et s’imposer un cadre : “J’imagine un futur, mais à quel date ? dans quel lieu ? dans quel groupe social ?”.

Puis lorsque la projection prend forme vient la partie design. Nous avions notamment du matériel à notre disposition pour créer des objets. Une équipe a crée un faux article de journal pour mettre en scène leur “futur”.

Enfin nous avons restitué notre réflexion et notre design devant l’ensemble du groupe, suivi d’un échange.

Chaque restitution s’est terminé par une prise de position individuel, pour amener à débattre. Une ligne était tracé au sol, et on devait se placer d’un coté si on était près à vivre dans ce futur et de l’autre si on refusait.

Le tout a été filmé pour pouvoir être présenté à d’autres personnes lors d’une autre journée. Ils viendront compléter le projet. Celui-ci sera finalement présenté publiquement ultérieurement (j’ajouterai le détail ici dès que j’en serais plus).

Mon ressenti

Je venais surtout pour découvrir le design fiction. J’ai beaucoup aimé l’atelier dans son déroulement. J’ai adoré la démarche du design fiction, qui me semble un puissant outil de projection. J’ai choisi le sujet considéré comme le plus complexe à aborder : “De intelligence artificielle à intelligence émotionnelle”. Je dois avouer que notre phase d’idéation a été très riche mais très éparse, et nous avons eu du mal à recentrer nos idées. Cela s’est ressenti lors de la phase de design qui a été très pauvre de notre groupe. Les autres groupes ont produit des objets plutôt cool en terme de projection futuriste. Cependant notre phase de restitution a amené le groupe a nous poser un certain nombre de questions, ce qui a permis d’amener le débat à un niveau global, et donc de faire ressurgir une grande partie des idées que nous avions évoqués. Globalement, le contrat était rempli.

Chaque restitution s’est terminé par une prise de position individuel, pour amener à débattre. Une ligne était tracé au sol, et on devait se placer d’un coté si on était près à vivre dans ce futur et inversement.

Pour aller plus loin

Je vous invite à aller voir le site web du studio Design Friction qui menait l’atelier pour voir le résultat obtenu sur d’autres thématiques. Ou comme déjà cité, l’article sur le cas concret qui évoque l’euthanasie. Enfin un article sur un autre événement de Design Fiction sur le thème des données de la ville intelligente (Smart City)